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Donner la mort
Format : 14,5 x 22,5 cm
Nombre de pages : 200
Prix : 30 €
Date de parution : 1999
ISBN : 9782718605142




Donner la mort

PRÉSENTATION

« Malgré bien des apparences, malgré le signe du don, malgré un passage attendu entre le temps et la mort, malgré l’apparition, furtive il est vrai, du narrateur de “La fausse monnaie” (Baudelaire), Donner la mort n’est pas encore le second tome annoncé de Donner le temps. I. La fausse monnaie (Galilée, 1991).
La figure à jamais dominante, c’est ici Abraham : celui qui, certes, avant tout, aux Chênes de Mambré, reçoit trois hommes, les envoyés de Dieu, et leur donne l’hospitalité pour en inaugurer la tradition. Mais Abraham, c’est aussi celui qui, après tout, sait devoir se taire sur le Mont Moriah avant que l’ange, un autre envoyé, n’interrompe la mort qu’il s’apprêtait, pour la donner à Dieu, à donner à son fils préféré, Isaac – à moins que ce ne soit, en terre d’Islam, l’Ishmaël d’Ibrahim…
Comment interpréter le secret d’Abraham et la loi de son silence ? Pourquoi paraît-il incommensurable à l’interdit qui semble réduire au mutisme tous les siens, tous ceux et toutes celles à qui d’ailleurs il ne confie jamais rien : et Sarah et Isaac, et Agar et Ishmaël – si tôt renvoyés ? Ces quatre proches, qu’on voudrait faire passer pour des figurants, nous les rappellerons discrètement au centre de la scène.
On ne sait plus comment entendre l’indéchiffrable de ce moment inouï. On ne sait plus le réinterpréter. On ne sait plus, car ce n’est plus une question de savoir, qui peut s’autoriser à réinterpréter le nombre infini des interprétations qui depuis toujours s’échouent ici en vue des côtes ou sombrent au fond des abîmes qui s’ouvrent à notre mémoire, s’y découvrant et recouvrant à la fois.
Or nous sommes cette mémoire, par elle prévenus et sommés. Arraisonnés en pleine mer avant le naufrage. Elle nous assigne un héritage irrévocable. Nous pouvons certes le dénier, il reste justement indéniable – et continue de dicter une certaine lecture du monde. De ce qu’un “monde” veut dire. Voire de la mondialisation aujourd’hui de l’aveu, de la repentance et du pardon. Abraham, suggère la littérature de Kierkegaard, aurait demandé pardon à Dieu : non pas de l’avoir trahi, mais de lui avoir obéi !
Histoire de l’Europe, de la responsabilité, de la subjectivité ou du secret, possibilité de la littérature, tels seraient peut-être quelques noms, entre autres – ou surnoms – de ces enjeux.
Et le plus qu’Un. Et la question de savoir pourquoi, dans sa filiation abrahamique, la littérature aurait à demander pardon – de ne pas vouloir dire. Et pourquoi Dieu devrait encore jurer.
Rassemblés autour du corpus biblique, quelques grands veilleurs sont écoutés. Tous des hommes. Ils se disputent la nuit : Kierkegaard, en premier lieu, Kierkegaard indéfiniment, et Kafka surtout, et Melville, mais aussi Patocka, depuis Platon, Nietzsche, Heidegger, Lévinas. »

J. D.

SOMMAIRE

Donner la mort
La littérature au secret – Une filiation impossible

© Éditions Galilée
Site édité avec le concours du Centre national du livre
www.culture.fr/

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